| Préfabuleux Des palaces pour le peuple |
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Dorothy
et Bert Barnard habitent au numéro 53, Kimberley Avenue à Peckham.
Leur préfabriqué n’est pas aussi « cosy » que
celui de Ray et Jean. Ils n’ont jamais eu les moyens de l’acheter
et ont à peine ceux de l’entretenir. Bert a un fort accent
Cokney, il est bavard… Il ne touche qu’une petite pension
de guerre pour tout son passé à servir l’Empire Britannique.
Il parle de tous les endroits où il est allé et dont les
noms m’échappent. Nous n’avons pas la même histoire
de décolonisation. A 80 ans, il conduit encore un taxi pour arrondir
ses fins de mois. Bert n’aime pas beaucoup les gens du Council. « Depuis
1946, ils n’ont été repeints qu’une fois. Ca
fait des mois que je leur signale que le toit fuit. Ils ne font rien.
Ils attendent qu’on disparaisse pour pouvoir les démolir ». |
Les
numéros 55 et 57 de Kimberley Avenue n’existent plus depuis
plusieurs années. A la place des préfabriqués qui
existaient auparavant, le Council n’a toujours rien fait construire,
laissant la végétation reprendre le dessus et la voie libre
aux renards qui ont presque l’air d’animaux domestiques. Au numéro 59 vivent Stan et Ted, le père et le fils. Leur préfabriqué est à l’abandon : dans le salon, des fauteuils éventrés recouverts de papiers journaux et d’excréments de chiens. L’odeur est terrible. Ted a un regard hagard, aussi négligé que son père. Je n’ai pas envie de m’éterniser. J’apprends que la mère est décédée depuis quelques mois. Ils vivent là depuis 25 ans, isolés, dans la misère. « Depuis la mort de la mère, ils se laissent encore plus aller, raconte Mary leur voisine, mais de toute façon ils ont toujours été bizarres ». |
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: e-mail : |
Elisabeth
Blanchet elisabethblanchet@hotmail.com |
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