Chébabs
en arabe signifie jeunes, gamins, gosses et non pas : jeunes hantés
par le culte des martyrs...
La population palestinienne est très jeune, environ 60% de celle-ci
a moins de vingt ans, ce qui pour la seule bande de Gaza représente
à peu près 800000 “Chébabs”. Lors des
moments les plus tendus de l'Intifada Al-Aqsa mille gamins au maximum
se retrouvaient quotidiennement aux endroits tels que Rafah ou Khan-Younes.
Bien sûr nombre de téléobjectifs, voire même
de grands-angulaires, se sont focalisés sur ces instants. En téléchargeant
ces images de chébabs, frondes tendues derrière des carcasses
de voitures en feu, dans toutes les rédactions du monde en mal
d’icônes guerrières et en oubliant le club de sport,
la cour d’école, la rare salle de jeu ou la rue tout simplement,
n’avons-nous pas omis de montrer la partie essentielle, l’autre
vérité, celle du quotidien?
En Palestine comme partout ailleurs, les jeunes n’aspirent qu’à
des choses simples: vivre en paix, aimer librement, aller pique-niquer,
aller au zoo, jouer au foot...
Mais écrire cela n’a pas grand intérêt car il
est à priori plus difficile de dire que, de toute façon,
il n’y a pas de paix, pas d’amour possible au-delà
des check points, pas d’endroits pour pique-niquer, pas de zoo et
pas d’herbe pour les trop rares terrains de foot...